Chez les Extraordinaires, certains parcours résonnent particulièrement fort. Celui de Christophe Mairesse en fait partie. Entrepreneur engagé, coureur passionné et militant d’une inclusion concrète, il incarne cette génération d’acteurs qui ne se contentent pas de parler du handicap : ils agissent, au quotidien.

À l’occasion de Courir pour l’inclusion, notre événement phare qui réunit coureurs et supporters sous nos couleurs à l’occasion de l’Abalone Marathon de Nantes du 25 et 26 avril, il revient sur son engagement, ses déclics… et ce que la course à pied peut changer, bien au-delà du sport.

**Entretien réalisé le 14 janvier 2026**

Comment est né votre engagement pour l’inclusion ?

« Tout est parti de ma belle-sœur, Julie, qui est porteuse de trisomie 21. C’est quand j’ai rencontré ma femme, et sa sœur, que j’ai découvert le handicap. Avant, je n’avais jamais eu l’occasion de côtoyer des personnes en situation de handicap.

Très vite, il y a eu une relation simple, sans filtre. Et ça a tout changé. Je courais beaucoup, à l’époque… jusqu’au jour où elle m’a dit : « Pourquoi moi, je ne peux pas courir avec toi ? » Cette phrase a été un déclic. »

Vous vous souvenez de votre première course ensemble ?

« Oui, parfaitement. Un trail nocturne de 10 km dans l’Oise. Avec une joëlette que j’avais réussi à emprunter. Franchement, pour une première, c’était un peu fou : du dénivelé, des marches… Je revois Julie refuser de descendre parce qu’elle ne voulait pas salir ses chaussures !

Mais au-delà de l’anecdote, il s’est passé quelque chose de très fort. Les gens venaient nous voir, poser des questions. On parlait du handicap naturellement. Je me suis dit : c’est incroyable, on arrive à créer des échanges qu’on n’aurait jamais eus autrement. »

Qu’est-ce que la course change selon vous ?

« La course est un formidable levier. C’est populaire, accessible, et ça crée de l’émotion.Avec une joëlette, on est au cœur de l’événement. On partage l’effort, les encouragements, l’ambiance. C’est une immersion totale. Une vraie inclusion. Et surtout, ça ouvre la discussion. On ne parle plus du handicap, on parle avec les gens. C’est toute la différence.

Cet engagement a aussi influencé votre parcours professionnel ?

« Complètement. À un moment, j’ai eu envie d’aligner mes valeurs avec mon travail. Je travaillais dans l’industrie à l’époque et, à travers un projet client, j’ai découvert le secteur des entreprises adaptées.

J’ai alors participé au développement d’une structure, puis j’ai repris une entreprise adaptée, Handirect, que je dirige aujourd’hui. L’idée est simple : créer de l’emploi pour des personnes en situation de handicap, tout en répondant à de vrais besoins d’entreprises, notamment sur des missions de support administratif, industriel ou d’accompagnement.

Aujourd’hui, on crée un à deux emplois par mois. Et surtout, on accompagne les entreprises pour rendre l’inclusion concrète, pas théorique, directement dans leurs équipes. Pour moi, c’est simple : si chacun fait sa part, comme le colibri, on peut vraiment faire bouger les choses. »

Que représente l’événement Courir pour l’inclusion pour vous ?

« C’est exactement ce que j’aime : un outil simple, mais puissant. On court avec un t-shirt, une joëlette, une équipe… et tout d’un coup, il y a une communauté. Des gens qui encouragent, qui questionnent, qui s’engagent. Même dans les moments difficiles, ça porte. Je me souviens d’un marathon où je craquais… et je me suis dit : « Tu cours pour ceux qui ne peuvent pas courir. » Et là, tu repars. « L’objectif, c’est de sensibiliser en mouvement »

Quels sont vos objectifs pour cette édition ?

« On sera une quinzaine, avec une joëlette sur le 10 km… et une autre équipe sur le semi-marathon, avec Fabien Héraud dans la joëlette, acteur et conférencier engagé autour du handicap. Mais au-delà du chrono, l’objectif est ailleurs : mettre de l’ambiance, partager, montrer que tout le monde peut vivre cette expérience. Et puis, on s’est lancé un petit défi : doubler la moitié des coureurs avec la joëlette.

Parce que si on double la moitié des participants… alors on sensibilise la moitié des participants. »

Un mot pour conclure ?

« L’inclusion ne doit pas rester un concept. Elle doit se vivre. La course, la joëlette, les événements comme celui-ci permettent justement ça : créer des expériences communes. Et c’est là que les regards changent. »

>>> Pour en savoir plus sur l’évènement : https://lesextraordinaires.org/nos-actions/ 

Notre Newsletter